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Comment changer la vie d'un enfant avec Mon Sac d'École au Burundi : Corinne du Québec

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  • 9 avr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 avr.

Née en France et arrivée au Canada à l’âge de 13 ans, Corine Chatel a tracé un parcours profondément marqué par l’engagement humanitaire. À la tête de l’organisme de bienfaisance Mon sac d’école, qu’elle a fondé en 2006, elle consacre son énergie à offrir un accès à l’éducation aux enfants les plus démunis du Burundi.


« Je crois que tout le monde a l’opportunité de faire une différence dans le monde », affirme-t-elle. Une conviction ancrée depuis l’enfance, nourrie par le désir de « laisser [sa] marque » et de contribuer à un monde plus équitable.


L’initiative de Corine Chatel repose sur une mission simple mais essentielle : fournir aux enfants les plus vulnérables le matériel scolaire nécessaire pour accéder à l’éducation. Cahiers, stylos, boîtes géométriques, uniformes — autant d’éléments indispensables sans lesquels, dans certaines régions du Burundi, aller à l’école devient impossible.


Depuis la création du projet, près de 1 000 enfants bénéficient de ce soutien chaque année. Parmi eux, certains vivent dans des conditions extrêmes. « J’en ai 185 qui vivent principalement des dépotoirs municipaux », explique-t-elle, décrivant des enfants contraints de survivre en récupérant du charbon ou des objets revendables dans les déchets.


Malgré ces réalités difficiles, elle insiste sur leur détermination : « C’est des enfants déterminés qui veulent aller à l’école. » Plusieurs d’entre eux ont même poursuivi des études supérieures, devenant ingénieurs, professionnels en psychothérapie ou encore techniciens en réseaux.


Au-delà de l’aide matérielle, le projet repose sur une dynamique de solidarité durable. Les enfants soutenus deviennent à leur tour des acteurs du changement. « Les enfants que nous aidons vont aider d’autres enfants éventuellement », souligne-t-elle.


Cette transmission s’est particulièrement illustrée durant la pandémie de COVID-19, lorsque Corine Chatel n’a pas pu se rendre sur place. « C’était les petits de 2006 qui sont maintenant grands qui ont fait la mission avec moi à distance », raconte-t-elle avec fierté, saluant « un travail vraiment fantastique ».


Le projet prend racine dans une rencontre inattendue avec une femme burundaise engagée dans le bénévolat. À travers ses récits, Corine découvre une réalité qu’elle ne connaissait pas. « Je connaissais même pas le Burundi », admet-elle.


Touchée par une histoire de partage — une famille offrant nourriture et vêtements à des enfants de la rue pour Noël — elle décide de se rendre sur place. Avec 3 000 dollars collectés auprès de proches, elle permet à 183 enfants d’aller à l’école dès la première année.


Un tournant décisif survient lorsqu’elle remporte une bourse de 30 000 dollars, donnant un élan durable à son initiative. « À partir du moment où j’ai rencontré ces enfants, je savais que je les laisserais pas tomber », confie-t-elle.


Au fil des années, l’engagement de Corine Chatel s’accompagne d’enseignements profonds sur la solidarité humaine. Elle évoque notamment cette scène marquante : « Quand on dirait que les gens quand ils ont le moins ils ont puis plus ils ont envie de partager. »


Dans des contextes de grande précarité, elle observe une générosité inattendue. « Ils ont peut-être pas mangé pendant un jour ou deux, puis ils te donnent presque la moitié de leur nourriture », raconte-t-elle.


Les enfants, quant à eux, expriment une reconnaissance intense. « J’en ai sur chaque bout des doigts », dit-elle en décrivant leur affection. « C’est leur appréciation pour tout ce qu’on fait pour eux. »


L’un des aspects distinctifs de Mon sac d’école réside dans son fonctionnement entièrement bénévole. « Même là-bas, on ne les paye pas. Ils font ça pour redonner aux autres », explique Corine Chatel.


Grâce à cette approche, plus de 90 % des dons sont directement destinés aux enfants. Une transparence qu’elle revendique : « Je traite chaque dollar avec énormément de respect. »


Cependant, les besoins restent importants. Chaque année, des choix difficiles doivent être faits. « C’est la partie la plus dure de dire à un enfant… on peut pas te prendre », confie-t-elle, lançant un appel à la générosité pour élargir l’impact du programme.


Au-delà de l’aide immédiate, Corine Chatel voit dans l’éducation un levier de transformation durable. Pour environ 25 dollars par an, un enfant du primaire peut accéder à une scolarité de base, tandis que les coûts augmentent progressivement pour les niveaux supérieurs.


Le projet inclut également un suivi scolaire, ainsi que des soins de santé, notamment pour les problèmes de vue causés par les conditions de vie difficiles.


Aujourd’hui, l’enjeu est aussi d’assurer la continuité de cette initiative. « On va avoir besoin de la relève », reconnaît-elle, souhaitant voir le projet perdurer au-delà de son engagement personnel.


Au fil de son témoignage, une constante se dégage : le lien profondément humain qui unit Corine Chatel aux enfants qu’elle soutient. « Pour moi, ces enfants-là, ce sont mes enfants », affirme-t-elle.


Entre fierté, espoir et responsabilité, son engagement dépasse largement le cadre d’un projet humanitaire. Il incarne une relation construite dans le temps, faite de confiance, de solidarité et d’amour.

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