La réalité de nos communautés à l'Assemblée nationale du Québec
- Editor

- 22 mai
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Comprendre le fonctionnement des institutions démocratiques et le rôle concret des élus demeure un enjeu essentiel pour plusieurs citoyens, notamment pour les communautés nouvellement arrivées au Québec. Dans une entrevue réalisée dans le cadre du journalisme civique, Franz Benjamin, député de Viau et vice-président de l’Assemblée nationale du Québec, revient sur le fonctionnement du parlement québécois, les outils dont disposent les citoyens pour faire entendre leurs préoccupations et l’importance de la participation des communautés afrodescendantes à la vie publique.
Anciennement engagé dans plusieurs sphères de la vie publique, Franz Benjamin rappelle que l’Assemblée nationale représente avant tout le cœur du débat démocratique québécois. Selon lui, cette institution constitue « le lieu de débat de l’État québécois », où les élus se réunissent afin de discuter des orientations politiques et d’adopter des lois qui touchent l’ensemble de la population.
« C’est le lieu du pouvoir législatif, c’est-à-dire c’est là que se réunissent 125 députés, représentant l’ensemble du territoire québécois pour débattre, pour faire des projets de loi, surtout pour débattre de politiques et d’orientations », explique-t-il.
Les trois grandes responsabilités d’un député
Pour Franz Benjamin, le rôle d’un député ne se limite pas aux débats à l’Assemblée nationale. Il repose sur trois grandes responsabilités : légiférer, surveiller l’action gouvernementale et représenter les citoyens.
Le premier rôle est celui de législateur. Les députés participent aux discussions dans le Salon bleu, le Salon rouge et au sein des commissions parlementaires afin d’analyser, de modifier et d’améliorer les projets de loi.
Le deuxième rôle concerne la surveillance du gouvernement. Les élus, particulièrement ceux de l’opposition, disposent de mécanismes permettant de questionner les décisions gouvernementales et de demander des comptes sur les actions ou les absences d’actions.
Enfin, le député joue également un rôle d’ambassadeur de la démocratie en restant connecté avec les citoyens de sa circonscription.
« Chaque député représente une circonscription. Moi, je représente la circonscription de Viau. Mon mandat comme député à l’Assemblée nationale, c’est d’aller défendre les intérêts de la circonscription de Viau », affirme-t-il.
Des outils démocratiques pour faire entendre les enjeux des communautés
Lorsqu’une communauté souhaite porter un enjeu auprès des institutions, plusieurs moyens existent selon le député. Les projets de loi, les questions adressées au gouvernement, les motions parlementaires ou encore les déclarations des députés permettent aux élus de mettre certains sujets à l’avant-plan.
Les commissions parlementaires offrent également une occasion importante de participation citoyenne, notamment lorsque des consultations publiques sont organisées autour de projets de loi.
« Il s’agit tout simplement de bien utiliser les leviers qui existent et de les utiliser au bon moment pour que ça porte fruit », souligne Franz Benjamin.
Selon lui, la représentation politique passe aussi par une implication constante des citoyens eux-mêmes. Il insiste sur le fait que la démocratie ne doit pas être réduite uniquement au moment des élections.
« La démocratie ne s’arrête pas aux quatre ans. Ce n’est pas aux quatre ans que ça fonctionne. La démocratie fonctionne, c’est un processus continu », rappelle-t-il.
Le député encourage ainsi les citoyens à communiquer avec leurs élus, à poser des questions, à déposer des pétitions et à participer aux discussions publiques.
« Vous avez aussi comme citoyen le pouvoir de questionner vos élus, de les écrire, de les téléphoner, de pétitionner, c’est-à-dire de signer des pétitions qui peuvent être déposées à l’Assemblée nationale », ajoute-t-il.
La place des communautés afrodescendantes dans la vie publique
La question de l’inclusion des communautés afrodescendantes dans les décisions politiques demeure un enjeu important pour Franz Benjamin. Il estime que les institutions doivent continuer à favoriser une représentation qui reflète la diversité du Québec.
Le député souligne également que les communautés elles-mêmes ont un rôle essentiel à jouer dans ce processus.
« Il y a aussi une responsabilité que nous avons, nous les communautés afrodescendantes. Cette responsabilité, nous la portons chacun dans nos collectivités », explique-t-il.
Pour lui, la participation citoyenne permet de rapprocher les institutions des réalités vécues sur le terrain et de construire un Québec plus rassembleur.
« Les principes démocratiques doivent avant tout jaillir du terrain du Québec, c’est-à-dire dans nos collectivités, dans nos régions, dans nos villes, dans nos villages, pour être ensuite portés vers l’Assemblée nationale », affirme-t-il.
Un député au service des citoyens dans leur quotidien
Franz Benjamin rappelle également que les citoyens peuvent directement contacter leur député lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Chaque élu dispose d’un bureau de circonscription destiné à accueillir les demandes et à accompagner les citoyens.
Cependant, il précise que les députés provinciaux ne peuvent pas intervenir dans tous les domaines. Certaines responsabilités relèvent plutôt des administrations municipales ou fédérales.
« Si quelqu’un me dit : “Monsieur Benjamin, mon trottoir est brisé depuis deux ans”, je suis député, mais malheureusement je ne pourrais pas réparer votre trottoir. À ce moment-là, je vais vous référer vers la municipalité », explique-t-il.
De la même manière, certaines demandes liées aux services fédéraux doivent être dirigées vers les députés fédéraux concernés.
Cette collaboration entre différents niveaux de gouvernement permet, selon lui, d’orienter les citoyens vers les bonnes ressources.
Le logement, une priorité pour plusieurs nouveaux arrivants
Parmi les préoccupations fréquemment reçues dans son bureau de circonscription, Franz Benjamin mentionne notamment les questions liées au logement et à l’immigration.
Il explique que chaque situation doit être analysée individuellement, car les problèmes rencontrés par les citoyens peuvent être très différents.
« Ce n’est pas vrai que toutes les personnes qui arrivent et qui vous disent “j’ai un problème de logement” ont le même problème », précise-t-il.
Certains citoyens peuvent avoir besoin d’un accompagnement pour trouver un logement abordable, tandis que d’autres peuvent vivre des situations nécessitant une intervention urgente.
Pour répondre à ces réalités, le député indique avoir confié à une personne de son équipe un mandat spécifique lié aux enjeux d’habitation afin d’accompagner les citoyens selon leurs besoins particuliers.
« Mon objectif, c’est d’aborder chaque cas de manière particulière, sur un plan humain, pour pouvoir répondre au meilleur de nos compétences et des ressources existantes », dit-il.
À travers cette discussion citoyenne, Franz Benjamin rappelle que la démocratie québécoise repose autant sur le travail des institutions que sur l’implication quotidienne des citoyens. Pour lui, une société inclusive se construit lorsque les communautés connaissent leurs droits, utilisent les outils démocratiques disponibles et participent activement aux décisions qui façonnent leur avenir.




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