Longueuil: 5 à 7 de l'espoir | La communauté s'unit pour les sans-abri
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- 29 juin
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Une initiative locale mise sur la créativité, la solidarité et la récupération de matériaux pour apporter une réponse concrète aux défis vécus par les personnes en situation d’itinérance. Baptisé « Recoudre l’espoir », le projet présenté lors d’un 5 à 7 de l’espoir rassemble différents acteurs communautaires autour d’une approche qui combine réinsertion sociale, réduction des déchets et soutien aux personnes vulnérables.
À travers cette démarche d’innovation sociale, l’objectif est de transformer des matériaux destinés à être jetés en ressources utiles pour améliorer les conditions de vie des personnes qui vivent dans la rue. Le projet vise notamment la création de sacs adaptés aux réalités de l’itinérance, conçus à partir de matériaux récupérés et résistants aux intempéries.
L’instigateur du projet explique que son engagement repose sur deux préoccupations principales : réduire le gaspillage et offrir un soutien direct aux personnes qui n’ont pas toujours accès à un logement stable.
« Mon objectif, c’est d’avoir un impact sur la réduction des déchets », explique-t-il, tout en soulignant son ambition de récupérer davantage de matériaux. « J’aimerais être capable d’avoir stocké les 18 sacs par jour, mais c’est un peu difficile vu la chambre où je demeure. »
Au-delà de la récupération, son projet porte également un message de sensibilisation sur les habitudes de consommation actuelles. Selon lui, la société a parfois tendance à remplacer rapidement les objets plutôt qu’à chercher à les réparer ou leur donner une seconde vie.
« Maintenant, c’est rendu plus facile de prendre quelque chose qui est brisé, de le jeter que de le réparer. J’aimerais ça que tranquillement pas vite, ça mette en place un tel produit. »
Une idée née d’un constat simple
L’origine du projet remonte à une découverte faite dans un environnement hospitalier. En observant des sacs bleus inutilisés dans une salle d’entreposage, l’initiateur s’est questionné sur leur potentiel de réutilisation.
« Je me suis dit : qu’est-ce que vous faites avec ça ? Puis ils m’ont dit qu’il y avait une compagnie qui en prenait un petit peu, mais le reste malheureusement, on les envoyait dans un container. »
Face à cette situation, il a cherché une manière de transformer ces matériaux plastiques en une solution pratique.
« Je me suis dit : il faut que je trouve une solution. La solution est venue : un sac de transhumance avec les compléments… c’est comme ça que l’idée est venue de comment je peux utiliser un matériau hydrophobique. »
Cette réflexion a mené à la conception d’un produit destiné aux personnes qui doivent affronter les conditions difficiles de la vie dans la rue, particulièrement durant les périodes de froid et d’intempéries.
Répondre à une réalité qui touche de plus en plus de personnes
L’engagement derrière Recoudre l’espoir est également lié à une inquiétude personnelle face à la crise du logement. L’augmentation du coût des loyers pousse plusieurs personnes à réfléchir à leur propre vulnérabilité face à une possible précarité.
« Les loyers sont rendus très chers. Est-ce que je vais être capable de payer mon petit coin ? Cette crainte-là, si je l’ai, il y en a d’autres qui l’ont aussi. »
Pour lui, cette réalité démontre l’importance de développer des initiatives capables d’offrir un soutien avant que les situations deviennent irréversibles.
Un projet qui rejoint des besoins souvent oubliés
Une participante impliquée dans la chaîne de soutien explique pourquoi elle a choisi d’appuyer cette initiative. Selon elle, le projet apporte un regard différent sur l’aide aux personnes en situation d’itinérance.
« Ce n’est pas le genre d’angle qu’on entend souvent dans l’aide aux personnes itinérantes. Souvent, ce qu’on va entendre, c’est la nourriture, le fait de se vêtir, les soins de première nécessité. »
Elle rappelle toutefois une réalité importante : plusieurs personnes n’ont pas la garantie d’avoir un endroit où dormir chaque soir.
« On oublie souvent que ces gens-là dorment dehors. Ils n’ont pas cette garantie-là que tous les jours ils vont être hébergés. »
L’idée de permettre à une personne de rester au chaud malgré l’absence de logement l’a particulièrement marquée.
« Quitte à dormir dehors, au moins être le plus possible au chaud. J’ai trouvé ça franchement impressionnant. »
Elle ajoute que la simplicité des matériaux utilisés démontre qu’une contribution modeste peut avoir un impact réel.
« Si cette contribution-là que je peux lui donner peut permettre à au moins une personne en situation d’itinérance de dormir au chaud la nuit, tant mieux, allons-y. »
Encourager les personnes vulnérables à demander de l’aide
La crise du logement touche plusieurs communautés, notamment des personnes issues de la diversité qui peuvent parfois hésiter à chercher du soutien ou qui ne connaissent pas les ressources disponibles.
Face à cette réalité, le message transmis aux personnes qui vivent des difficultés est clair : demander de l’aide constitue une première étape vers une amélioration de leur situation.
« Il faut demander de l’aide parce que dans le fond, le pire qui va arriver, c’est qu’aujourd’hui on vous dit non, mais demain on va peut-être vous dire oui. »
Selon elle, rester isolé face aux difficultés limite les possibilités de changement.
« En restant là, en acceptant votre sort, vous ne vous donnez pas la chance de l’améliorer. Il faut demander de l’aide parce que c’est la meilleure façon de vous donner les outils, les clés, le courage de vous en sortir. »
Une mobilisation autour de la dignité et de l’inclusion
La rencontre autour de Recoudre l’espoir a mis en lumière le rôle essentiel des personnes qui travaillent souvent dans l’ombre pour soutenir des initiatives sociales. Au-delà de la création d’un produit recyclé, le projet représente une démarche collective fondée sur l’entraide, l’innovation et la reconnaissance de la dignité humaine.
En reliant la réduction des déchets aux besoins des personnes en situation d’itinérance, l’initiative propose une nouvelle façon d’aborder les enjeux sociaux : transformer ce qui est abandonné en une ressource porteuse d’espoir.




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