top of page

Longueuil : Le rôle du réseau dans la réussite des entreprises noires

Photo du rédacteur: Editor
Editor
15 août
6 min de lecture

La quatrième édition du Marché des entrepreneurs, organisée par le collectif événementiel fondé par Christine Morigaud, met en lumière des entrepreneurs qui développent leurs activités dans des secteurs variés, de l’art visuel à la création numérique, en passant par les services financiers et les produits de consommation. Au-delà de la présentation de leurs produits et services, l’initiative cherche à favoriser les échanges, les partenariats et l’entraide au sein de la communauté entrepreneuriale.


L’art comme moyen d’exprimer les émotions


Parmi les participantes, Marie-Lauriane Poulin, alias Mayel, présente un parcours qui associe design graphique et création artistique. Originaire de Côte d’Ivoire, elle explique avoir développé son intérêt pour l’art dès son enfance, avant de se former en design graphique.



« Je fais tout ce qui est design graphique, tout ce qui est art, tout ce qui est mural, tout ce qui est vêtement. Vraiment, je touche vraiment à beaucoup de choses », résume-t-elle.


Son travail se distingue par une approche maximaliste, fondée sur l’accumulation de détails, de matières et de superpositions. L’artiste décrit sa méthode comme un « chaos organisé », une manière de donner forme à des émotions et à des expériences humaines.


L’une de ses œuvres, intitulée « Seule », explore notamment la solitude, les inquiétudes et les questionnements qui peuvent accompagner cette expérience. Les éléments qui composent le tableau ont chacun une signification : les fantômes représentent les peurs, les flèches évoquent les questions que l’on se pose et l’échelle symbolise l’élévation.


« C’est vraiment une façon dont j’arrive à exprimer ça », explique-t-elle à propos de son travail artistique.


La réalisation de cette toile lui a demandé 62 heures. Mayel précise que ses œuvres sont préparées à l’avance, à partir de croquis et de cartes mentales, avant de passer à la peinture et aux différentes superpositions.


Pour elle, la valeur de l’art ne se résume toutefois pas à son prix. « Ce que je veux vraiment avec mon art, c’est pas forcément le prix ou l’argent qui m’intéresse, mais c’est de faire passer mon message, que les gens arrivent à ressentir des émotions quand ils regardent ce que je fais », affirme-t-elle.

Après avoir terminé ses études en graphisme l’année précédente, elle poursuit le développement de son activité artistique. Elle indique avoir réalisé quinze toiles et participé à deux expositions. Si elle vit déjà du graphisme, elle souhaite encore faire grandir son entreprise dans le domaine des arts visuels.


À long terme, son ambition est de développer un projet en Afrique, en s’appuyant sur les expériences acquises au Canada. « Mon projet final, l’apogée, ça sera en Afrique, ça sera pas ici », dit-elle, tout en souhaitant continuer à apprendre et à élargir ses compétences.


L’éducation financière au service des familles


La question de l’autonomie financière est également au cœur des échanges. Geneviève Loir, conseillère en sécurité financière et courtière en finance, explique que son rôle consiste à aider les personnes et les familles à mieux comprendre leur situation financière et les produits disponibles sur le marché.

Contrairement aux agents qui travaillent pour une seule institution, elle précise collaborer avec plusieurs partenaires, notamment des banques, des sociétés d’investissement et des compagnies d’assurance. Son approche consiste à examiner les besoins d’une personne ou d’une famille avant de lui recommander des produits adaptés.


« Nous nous asseyons avec vous, on regarde votre situation financière et on détermine les besoins », explique-t-elle.

Selon elle, l’un des principaux obstacles rencontrés dans certaines communautés afro-descendantes demeure le tabou entourant l’argent. Elle observe que certaines personnes hésitent à parler de leurs revenus ou de leur situation financière, ce qui peut compliquer les discussions.


« Le vrai problème auquel on se rencontre …… c’est le tabou au niveau des communautés par rapport à l’argent », affirme-t-elle.

Elle souligne également l’importance de mieux comprendre le fonctionnement des cartes de crédit, notamment pour les personnes qui découvrent le système financier canadien. Une mauvaise compréhension des délais de paiement et des intérêts peut, selon elle, entraîner des difficultés financières.


Pour éviter ces pièges, Geneviève Loir encourage les nouveaux arrivants à rechercher des informations fiables et à ne pas se limiter aux conseils de leur entourage. « Chaque personne a son histoire. Ton histoire est différente de l’histoire de la personne qui te parle », rappelle-t-elle.

Son conseil principal est de se cultiver sur le plan financier, de poser des questions et de prendre le temps de comprendre les produits avant de prendre une décision. Elle précise que les consultations qu’elle propose sont gratuites et que les recommandations ne constituent pas un engagement final.


« Allez à la recherche de l’information, appelez, nous sommes là pour vous aider », lance-t-elle.


L’intelligence artificielle au service de la création


L’entrepreneuriat présenté lors de l’événement ne se limite pas aux activités traditionnelles. Christiane Djomo, travailleuse sociale de formation, développe également des projets dans la création numérique et l’intelligence artificielle.

Elle présente notamment Earth Song, une entreprise spécialisée dans les chansons personnalisées. Ces créations peuvent accompagner différents moments de la vie, comme les anniversaires, les mariages, les graduations, les naissances ou encore les commémorations.


« Je crée des chansons personnalisées », explique-t-elle, précisant qu’elle peut aussi produire des montages vidéo à partir de photos et de chansons, ainsi que des clips musicaux.

Son parcours dans l’intelligence artificielle est principalement autodidacte. Elle raconte avoir suivi plusieurs formations, acheté des programmes d’apprentissage et utilisé des plateformes spécialisées pour développer ses compétences.


Aujourd’hui, elle élargit progressivement ses services à la création digitale. Elle réalise notamment des sites internet, des visuels, des vidéos, des contenus de type UGC et des projets mettant en scène des avatars.

« Dès que j’apprends quelque chose, je mets en pratique et je vous le dis directement le service », explique-t-elle.


Christiane Djomo reconnaît toutefois que le principal défi n’est pas la création, mais la commercialisation de ses services. Elle souhaite notamment être accompagnée dans le domaine de la vente afin de mieux faire connaître ses deux entreprises.

Sa participation au Marché des entrepreneurs répond justement à cet objectif : rencontrer d’autres entrepreneurs, présenter ses services et développer son réseau.


« Pour la création ça va. …… Mais là, j’ai besoin d’accompagnement pour vraiment offrir ça aux gens, vendre », souligne-t-elle.

À moyen terme, elle espère développer une clientèle importante pour ses deux compagnies et, si ses activités prennent de l’ampleur, former à son tour d’autres personnes.


Un collectif fondé sur l’entraide


Derrière cette rencontre, Christine Morigaud, fondatrice du collectif événementiel, explique vouloir répondre à un besoin exprimé par plusieurs entrepreneurs : trouver de nouveaux clients, rencontrer des partenaires et développer des collaborations.

Le Marché des entrepreneurs vise ainsi à créer un espace où les participants peuvent présenter leurs produits et services, échanger des informations et établir des liens professionnels.


« Au lieu d’attendre que les gens viennent vers nous, on va nous-mêmes créer des événements pour pouvoir rencontrer d’autres entrepreneurs et pouvoir réseauter, échanger, avancer ensemble, créer des liens de partenariat », explique-t-elle.

Le collectif mise notamment sur le bouche-à-oreille pour faire connaître ses activités. Christine Morigaud souligne que les participants des premières éditions ont contribué à faire connaître l’initiative auprès d’autres entrepreneurs.


L’un des objectifs centraux du projet repose sur le concept d’« acheter entre nous », présenté comme une démarche gagnant-gagnant. L’idée est d’encourager les entrepreneurs à rechercher d’abord, au sein de leur réseau, les produits ou services dont ils ont besoin.


« Avant d’aller à l’extérieur, on regarde dans notre réseau, dans notre communauté s’il y a un entrepreneur qui vend le produit et service et on encourage l’entrepreneur », précise-t-elle.

Le collectif souhaite également favoriser le partage d’informations sur les subventions, les formations et les possibilités d’accompagnement. Les entrepreneurs plus expérimentés peuvent ainsi contribuer à soutenir ceux qui sont encore en phase de lancement.


Si le projet s’adresse en priorité aux entrepreneurs, la population est également invitée à participer aux activités. L’objectif est de permettre aux visiteurs de découvrir les entreprises présentes, mais aussi d’encourager les personnes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat.


Un appel à poursuivre les échanges


Christine Morigaud reconnaît que le collectif fait encore face à des défis, notamment pour attirer davantage de visiteurs et faire connaître son concept. Elle indique toutefois que l’initiative continue de se développer grâce aux recommandations et aux stratégies mises en place.

La prochaine édition du Marché des entrepreneurs est annoncée pour le 14 novembre, au 1765, rue Taschereau. Le thème prévu sera celui de Noël, avec une invitation à découvrir et à acheter des produits et services liés à cette période.


« On demande à tous les entrepreneurs qui voient cette entrevue de se joindre à nous. Vous êtes tous les bienvenus, ça nous fera plaisir de vous accompagner et de vous intégrer dans notre communauté d’entrepreneurs », conclut-elle.

À travers les témoignages recueillis, l’événement apparaît comme un espace où la création, l’éducation financière et le réseautage se rejoignent autour d’un même objectif : permettre aux entrepreneurs de mieux faire connaître leurs activités, de développer leurs compétences et de construire des collaborations durables.

Commentaires


bottom of page