Montreal: Pourquoi ses bandes dessinées font vibrer la communauté afrodescendante
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Transformer la bande dessinée en un outil de transmission culturelle tout en racontant des histoires universelles. C'est le pari que relève Dominique, auteur de bandes dessinées, venu présenter son travail lors du Festival International de la Table. À travers ses œuvres, il met en avant des récits originaux inspirés de son imagination tout en valorisant la langue lingala auprès d'un public de toutes origines.
Auteur des scénarios de ses bandes dessinées, Dominique collabore avec un illustrateur argentin pour donner vie à ses histoires. Trois ouvrages étaient à l'honneur durant l'événement : Mupaya, Bolingo et Masanga.
« Mupaya, en lingala, ça veut dire étranger ou visiteur. L'histoire parle d'une fille à la recherche de son amie et qui voyage dans différents mondes pour essayer de la retrouver », explique-t-il.
Le deuxième ouvrage, Bolingo, signifie « amour » en lingala et explore une relation familiale marquée par la trahison et le pardon.
« Ça parle de la relation entre un père et son fils où le père trahit son fils mais a besoin de son aide », résume l'auteur.
Enfin, Masanga, qui signifie « alcool » ou « boisson », met en scène un journaliste enquêtant sur une bière mystérieuse qui rend les consommateurs malades.
Au-delà des intrigues, Dominique souhaite faire découvrir une partie du patrimoine linguistique africain à travers les titres de ses œuvres.
« J'ai voulu que les gens puissent apprendre aussi le lingala. Bolingo, ça veut dire amour. À chaque lecture, les personnes apprennent au moins un nouveau mot en lingala », souligne-t-il.
Si les titres sont en lingala, les histoires sont proposées en français ou en anglais afin de toucher un public plus large.
Un projet qui dépasse les frontières culturelles
L'auteur affirme avoir été agréablement surpris par l'accueil réservé à ses bandes dessinées. Selon lui, son travail séduit des lecteurs issus de différents horizons.
« Ça parle vraiment à tout le monde. J'étais vraiment surpris par ça. Que ce soit des Blancs, des Asiatiques ou d'autres communautés, les gens vont vers la beauté du dessin et de l'histoire », confie-t-il.
Habitué des marchés aux puces, notamment à Saint-Léonard, mais aussi à Québec et Gatineau, Dominique explique que ces lieux lui ont permis de faire connaître progressivement son travail avant d'être invité dans différents festivals.
Son aventure dans la bande dessinée a débuté en 2020, durant la pandémie de COVID-19, avec des publications exclusivement numériques. Face à la demande croissante du public, il a finalement choisi d'imprimer ses œuvres sur papier il y a environ deux ans.
Les défis d'un créateur indépendant
Comme plusieurs entrepreneurs culturels afro-descendants, Dominique reconnaît que la visibilité demeure l'un des principaux défis de son activité.
Selon lui, les occasions d'exposer son travail sont nombreuses durant la saison estivale grâce aux festivals, mais deviennent beaucoup plus rares en hiver.
Les marchés aux puces constituent ainsi des espaces essentiels pour poursuivre la diffusion de ses créations tout au long de l'année.
De la bande dessinée au dessin animé
L'auteur ne compte pas s'arrêter au format papier. Il travaille désormais à adapter ses histoires en animation afin de rejoindre un public encore plus large.
Son premier épisode d'animation, intitulé The Serial Sapper, est directement inspiré d'une bande dessinée qu'il a écrite.
« C'est l'histoire d'une personne qui souhaitait devenir une star, mais qui, après une trahison de son mentor, prend une trajectoire beaucoup plus sombre », explique-t-il.
Cette nouvelle étape marque une évolution importante de son univers créatif, désormais présent à la fois dans l'édition et l'animation.
« Il faut commencer »
Interrogé sur le message qu'il adresserait aux personnes afro-descendantes qui hésitent encore à lancer leur projet, Dominique insiste sur l'importance de passer à l'action.
« Il faut aller de l'avant. Quelles que soient les difficultés, il faut le faire. Il faut déjà le faire pour soi-même. Les opportunités viennent ensuite. »
L'auteur rappelle que son parcours est né d'une initiative modeste.
« Moi, au départ, je vendais simplement mes bandes dessinées au marché aux puces. C'est là que j'ai rencontré l'organisateur de ce festival. Ensuite, il m'a invité à un festival, puis à un autre. Tout est parti d'une simple action. Il ne faut pas trop se poser de questions. Au moins, il faut commencer. »
À travers ses bandes dessinées, Dominique démontre qu'il est possible de conjuguer créativité, valorisation des langues africaines et entrepreneuriat culturel. Son parcours illustre également comment une initiative personnelle, portée avec persévérance, peut progressivement trouver sa place dans l'écosystème culturel québécois tout en inspirant une nouvelle génération de créateurs.




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