Montréal: communauté Haïti prêt à défier Rwanda au SOKAFEST 2023
- Editor

- 24 août 2023
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Montréal - Sur le terrain, l’énergie est palpable, les sourires éclatent et les drapeaux flottent. Pour l’équipe haïtienne de football, ce n’est pas seulement un match : c’est une affirmation d’identité, un moment de partage et un pont vers d’autres cultures. Derrière cette dynamique, un homme joue un rôle essentiel :
Ben, entraîneur passionné, qui a accepté de nous ouvrir les portes de son univers.
« Mon nom, c’est Ben. Je suis le coach de l’équipe haïtienne », lance-t-il avec simplicité, mais aussi avec une fierté contenue. Son parcours avec l’équipe a débuté presque par hasard, à travers un ami qui l’a invité à rejoindre un projet sportif communautaire. « J’ai été très content de recevoir l’invitation. Ça nous a fait plaisir, même si nous avons été pris un peu au dépourvu », confie t il.
Si toute la communauté n’est pas encore informée des initiatives en cours, l’enthousiasme des joueurs compense largement ce manque de visibilité. « L’équipe se prépare très bien. On joue presque tous les jours. Aujourd’hui encore, on a un match, puis on va partager un repas. Les gars sont prêts, physiquement et mentalement. »
Les joueurs ne se limitent pas à une seule ligue : on les retrouve aussi bien dans la Liga haïtienne que dans la Ligue latino. « Ils sont partout », résume l’entraîneur avec un sourire. Cette régularité, doublée d’un engagement sans faille, traduit une passion viscérale pour le ballon rond.
Pour Ben, le football dépasse le simple cadre sportif : il incarne une part profonde de l’identité haïtienne. « Le foot fait partie de notre culture, un peu comme au Brésil. C’est plus facile de trouver un ballon de soccer qu’un ballon de basket. On commence à jouer très jeune, et il y a énormément de talent. »
Cependant, il nuance : « Le manque de structures de développement freine parfois l’émergence de nos joueurs au niveau international. Mais je pense qu’un jour, ça va arriver. »
Le sport devient ainsi une façon de tisser des liens non seulement au sein de la diaspora, mais aussi avec d’autres communautés. « Tous les Noirs viennent d’Afrique, dit-il. C’est important d’apprendre la culture des autres pays et de partager la nôtre. Ça enrichit tout le monde. »
Au-delà de la compétition, le football représente pour Ben une véritable bouée de sauvetage dans une société où les pressions quotidiennes se font sentir. « Dès que j’ai un problème, c’est le foot qui m’évade. Après un match, je blague avec mes amis, je me sens libéré. On vit dans un pays où l’hiver est long et parfois stressant. Mais le foot, c’est ce qui me permet de tenir. »
Le coach souligne aussi l’importance de la dimension culturelle et éducative des activités organisées. « À chaque passage, je découvre des images, des symboles, des musées que je ne connaissais pas. Ça m’apprend sur l’histoire, sur la culture. Et ça enrichit non seulement moi, mais aussi ma communauté. »
Si les défis restent nombreux — de l’organisation à la visibilité en passant par les infrastructures — Ben garde une vision optimiste. Selon lui, le football est appelé à devenir un vecteur de rayonnement et d’unité toujours plus fort pour les Haïtiens, tant au pays que dans la diaspora.
« On a une histoire différente, mais le fait de côtoyer les autres, d’échanger, ça nous aide à grandir. Le football, ce n’est pas seulement un sport : c’est une école de vie. »




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