Scandale au Québec : Quel est le vrai visage de l'extrémisme ?
- Editor

- 3 juin
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L'apparition récente d'un groupe d'extrémistes suprémacistes blancs à Shawinigan a suscité une vive réaction dans la sphère politique québécoise, ravivant les inquiétudes liées à la montée des discours haineux et à l'influence des mouvements d'extrême droite.
Interrogé sur cette affaire, le député Charlie Lorism a condamné sans équivoque ces manifestations, tout en appelant à une mobilisation concertée de tous les niveaux de gouvernement.
« Le Québec, c'est un Québec qui est accueillant », a-t-il affirmé d'entrée de jeu, rappelant que le gouvernement provincial s'est doté d'un ministre responsable de la lutte contre le racisme, une première selon lui. Il a également salué les prises de position des autorités politiques, notamment celle de la ministre Christine Fréchette, en insistant sur le fait que « ça n'a pas sa place. On est là pour vivre ensemble puis travailler ensemble. Le Québec, c'est pas ça qu'on veut de notre Québec. »
Une inquiétude face à l'influence de l'extrémisme
Selon Charlie Lorism, les images diffusées récemment montrent ce qui semble être un groupe de jeunes influencés par des courants idéologiques venus de l'extérieur.
« Il faut pas amener cette vision-là de notre voisin du Sud ici au Québec. Ici, c'est un Québec exempt de racisme. Pas de discrimination, pas de racisme, pour moi c'est inacceptable. »
Le député estime que cette radicalisation ne peut être banalisée et qu'elle nécessite une réponse coordonnée des autorités publiques.
Le débat sur l'immigration et la responsabilité du discours politique
Questionné sur les critiques adressées au gouvernement concernant certains discours liant la crise du logement à l'immigration, Charlie Lorism rejette l'idée que ces déclarations puissent être directement responsables de la montée des mouvements haineux.
Selon lui, les propos du premier ministre François Legault reposaient sur des données déjà présentes dans les documents du ministère de l'Habitation concernant les effets de l'immigration massive sur le marché du logement.
Il estime toutefois que la manière dont ces déclarations sont relayées peut parfois en modifier le sens.
« Ce qui est rapporté dans les médias, c'est peut-être différent. Il y a un discours qui est fait de façon globale et là on prend des petits clips pour faire un message haineux. Et ça, c'est inacceptable non plus. »
Le député insiste également sur la responsabilité partagée entre les acteurs politiques et les médias.
« Le gouvernement a une responsabilité dans ses communications. Les médias ont une responsabilité aussi lorsqu'ils rapportent les explications d'un gouvernement sur un enjeu. »
Il ajoute que le véritable problème réside davantage dans la polarisation du débat politique.
« Je pense que c'est l'ensemble du petit jeu politique... au lieu de dire la vérité simplement à la population. »
Des mesures déjà mises en place
Au-delà des condamnations publiques, Charlie Lorism affirme que plusieurs initiatives ont déjà été entreprises pour lutter contre la discrimination.
Il cite notamment des modifications apportées aux dispositions liées au logement afin de faciliter certains recours devant les instances des droits de la personne, ainsi que les travaux réalisés avec le ministre responsable de la lutte contre le racisme.
« On a fait plein de choses pour diminuer la discrimination. Le racisme existe, c'est très clair, sauf que là, on va dans l'extrémisme suprémaciste. Ça, c'est vraiment inacceptable. »
Une réponse concertée des trois paliers de gouvernement
Pour le député, la lutte contre les groupes suprémacistes dépasse les compétences d'un seul ministère. Il estime que le ministère de la Sécurité publique, le gouvernement fédéral ainsi que les administrations municipales doivent intervenir conjointement.
« Toutes les paliers gouvernementales doivent se mettre ensemble pour contrer ce milieu-là, cette problématique-là. »
Charlie Lorism met également en garde contre la diffusion de contenus haineux sur les réseaux sociaux, particulièrement auprès des jeunes.
« Il faut faire attention avec l'influence américaine, les vidéos masculinistes et tout ça, et racistes. Il y a des vidéos en ce moment sur Instagram... où on présente des élus, des médecins de la communauté noire pour dire qu'on est des dangers publics. C'est inadmissible. »
Le défi juridique face aux discours haineux
Interrogé sur les limites de la législation actuelle, alors que certains responsables rappellent que la liberté d'expression empêche de sanctionner certains groupes tant qu'aucun acte criminel n'est commis, Charlie Lorism reconnaît la complexité du dossier.
Il rappelle que plusieurs compétences relèvent du gouvernement fédéral en matière de Charte des droits, tout en soulignant que les autorités locales disposent déjà de moyens d'intervenir.
« Ça n'empêche pas la Ville de Shawinigan d'agir avec sa police. L'Assemblée nationale n'a pas à jouer pour ça. Le terrain où ça s'est passé, il faut que ça commence par là. Puis après ça, le provincial peut venir appuyer la ville. Il faut vraiment travailler les trois ensemble. Chacun a son rôle. »
À travers cette prise de position, Charlie Lorism réaffirme que la lutte contre le racisme et l'extrémisme ne peut se limiter aux déclarations publiques. Selon lui, elle exige une collaboration constante entre les différents ordres de gouvernement, les institutions et la société civile afin de préserver un Québec inclusif et de prévenir la propagation des discours haineux.




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