La Maline237 dévoile "Seule ici" – Un film choquant sur la réalité des étudiants internationaux
- Editor

- 19 déc. 2025
- 3 min de lecture

Invitée sur Festibec TV, la créatrice de contenu camerounaise La Maline 237 a présenté Seule ici, son premier long projet cinématographique, un film engagé qui explore les épreuves psychologiques, financières et sociales vécues par les étudiants internationaux en Occident, et particulièrement au Canada.
Connue pour son humour sur les réseaux sociaux, La Maline 237 — de son vrai parcours façonné par la comédie depuis l’enfance — affirme que faire rire a toujours été plus qu’un loisir. « Je savais que la comédie faisait partie de moi, je ne pouvais pas l’ignorer », confie-t-elle. Très jeune, elle décide de suivre cette voie malgré une formation initiale en logistique et transport, encouragée par son grand frère qui l’incite à transformer sa passion en projet concret.
C’est en 2021, après son entrée à l’université et une première expérience d’indépendance financière, qu’elle se lance officiellement dans la création de contenu. Munie d’un simple iPhone, elle commence à publier des vidéos humoristiques, dont une scène devenue virale — celle d’un trajet en voiture aux rebondissements inattendus — qui la propulse auprès du grand public. « C’est cette vidéo qui m’a vraiment lancée », reconnaît-elle.
Installée au Canada depuis un an et demi en tant qu’étudiante en gestion de commerce, La Maline 237 découvre une réalité plus rude que prévu. Si son intégration personnelle reste relativement stable, les témoignages d’autres étudiants la marquent profondément. « J’ai rencontré des étudiants qui vivaient un stress énorme : payer l’école, le loyer, manger et étudier en même temps. C’est là que j’ai eu le déclic », explique-t-elle. De ces récits est né Seule ici, un film qui mêle expériences observées et vécues, sans tomber dans le sensationnalisme.
Le projet prend une autre dimension après une période de maladie et de grande fragilité émotionnelle. « Je me suis dit que mon histoire et celle des autres étudiants pouvaient servir à sensibiliser », affirme-t-elle. Elle met alors de côté un autre scénario pour se concentrer sur ce film, avec l’objectif clair de « montrer ce que nous vivons réellement ».
Pour structurer son travail, La Maline 237 suit une formation de deux mois en écriture scénaristique. « Cette formation m’a beaucoup aidée. Il y avait des choses que je ne comprenais pas du tout avant », souligne-t-elle, reconnaissante envers sa tante qui a financé cet apprentissage.
Le casting réunit des figures connues du cinéma camerounais, notamment le Président Chop Chop et la jeune actrice Emilda Dongo. Le choix s’est fait sur l’authenticité et la compréhension du récit. « Je voulais des personnes vraies, capables de ressentir l’histoire », précise-t-elle. Le tournage s’est déroulé entre le Cameroun et le Canada, avec des équipes distinctes, sélectionnées pour leur professionnalisme et leur sensibilité artistique.
Financièrement, le film représente un investissement estimé entre 14 000 et 18 000 dollars canadiens. Un budget rendu possible grâce à des sponsors, des soutiens personnels et une mobilisation autour du teaser. « J’ai vraiment reçu beaucoup d’encouragements », explique-t-elle, citant plusieurs contributeurs tout en affirmant n’avoir subi aucun compromis contraire à ses valeurs.
Au-delà de l’œuvre cinématographique, Seule ici se veut un message. « Ce n’est pas juste un film. Nous, les immigrants, avons plus besoin d’encouragement que de pression, surtout venant de la famille », insiste-t-elle, évoquant les attentes financières souvent irréalistes. Le film sera projeté au Cameroun durant l’été afin de sensibiliser familles et jeunes candidats à l’immigration.
L’avant-première est prévue le 21 décembre à Montréal, avec près de 450 places disponibles et une forte demande déjà enregistrée. D’autres projections suivront à Québec. La soirée sera enrichie de prestations artistiques et d’hommages aux partenaires du projet.
Déterminée, organisée et résolument tournée vers l’avenir, La Maline 237 voit Seule ici comme un point de départ. « C’est une passion. Chaque année, je veux avancer dans le cinéma », affirme-t-elle. Son message final résonne comme une ligne directrice : « Si vous voulez faire quelque chose, n’attendez pas. Il n’y a pas de bon moment. Commencez. »
Un film, une voix, et surtout une réalité mise en lumière, pour rappeler que derrière les rêves d’ailleurs, nombreux sont ceux qui se sentent, au moins un temps, seuls ici.




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