top of page

Pourquoi le Canada cache l'histoire de ces 5 femmes noires

  • Photo du rédacteur: Editor
    Editor
  • 23 févr.
  • 3 min de lecture

L’histoire transmise dans les manuels scolaires ne reflète qu’une partie de la réalité. Derrière les récits officiels se cache une mémoire longtemps marginalisée, faite de luttes, de résistances et de contributions essentielles. En revisitant archives, témoignages et parcours individuels, émerge une autre lecture du passé : celle de femmes noires qui, malgré le racisme, le sexisme et l’invisibilité imposée, ont profondément marqué la construction du Canada moderne.


« L’histoire qu’on nous enseigne […] c’est une version édulcorée, incomplète », rappelle le récit, soulignant l’importance de redonner voix à ces trajectoires oubliées.


Figure aujourd’hui reconnue, Viola Desmond incarne une résistance silencieuse devenue symbole national. En novembre 1946, cette entrepreneure prospère refuse de quitter la section réservée aux Blancs dans un cinéma de New Glasgow. Ce refus, simple en apparence, déclenche une arrestation brutale et une condamnation pour une prétendue fraude fiscale.


« Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de couleur de peau », souligne le témoignage.

Son combat judiciaire, bien que perdu sur un détail technique, expose les mécanismes détournés de la ségrégation au Canada. Son geste précède de neuf ans celui de Rosa Parks et contribue à l’abolition officielle de la ségrégation en Nouvelle-Écosse en 1954. Longtemps ignorée, elle ne reçoit une reconnaissance officielle qu’à titre posthume, des décennies plus tard.


Avant les mobilisations de rue, la lutte passait aussi par l’écriture. Mary Ann Shadd Cary, née libre en 1823, devient une figure centrale du combat abolitionniste. En 1853, elle fonde The Provincial Freeman, un journal dédié à l’émancipation des personnes noires.


« Dévotion à l’anti-esclavagisme, la tempérance et la littérature générale », proclamait son journal.


À travers ses éditoriaux, elle informe, mobilise et valorise les réussites de la communauté noire. Première femme noire éditrice en Amérique du Nord, elle défie à la fois le racisme et le sexisme, y compris au sein de ses propres alliés. Son engagement se poursuit durant la guerre de Sécession et dans la défense des droits civiques et du droit de vote des femmes.


Quelques années avant l’affaire Desmond, Carrie Best vit une expérience similaire dans le même cinéma. Refusant la ségrégation, elle engage une poursuite judiciaire qu’elle perd. Mais loin de s’arrêter là, elle fonde en 1946 The Clarion, un journal militant.


« Ce n’était pas un journal timide, c’était une arme », souligne le récit.


Grâce à ses écrits, elle médiatise l’affaire Viola Desmond, transformant un incident local en cause nationale. Son engagement se prolonge à la radio avec The Quiet Corner, faisant d’elle une voix influente dans la lutte contre les discriminations.


La reconnaissance officielle de ces histoires doit beaucoup à Jean Augustine. Première femme noire élue à la Chambre des communes en 1993, elle joue un rôle déterminant dans l’institutionnalisation du Mois de l’histoire des Noirs au Canada.

En 1995, sa motion est adoptée à l’unanimité. « Oui, ces histoires méritent d’être racontées », affirme le récit en évoquant ce moment décisif.


Son parcours, de travailleuse domestique à ministre, illustre la capacité à transformer les structures de pouvoir pour y inscrire durablement une mémoire collective.


L’histoire se poursuit avec Dominique Anglade, figure contemporaine de cet héritage. Ingénieure de formation et ancienne dirigeante, elle s’engage en politique après le séisme en Haïti de 2010, qui coûte la vie à ses parents.

« Transformer le deuil en action », résume son parcours.


Première femme noire à diriger un grand parti politique au Québec, elle incarne la continuité des luttes initiées par ses prédécesseures, dans un contexte toujours marqué par des défis d’égalité et de প্রতিনিধativité.


Ces cinq trajectoires, bien que distinctes, partagent un fil conducteur : le refus de l’injustice et la volonté de transformer la société. Longtemps reléguées à la marge, ces femmes ont pourtant contribué de manière déterminante à l’histoire nationale.


« Ces femmes sont nos mères fondatrices », affirme le récit.

Leur reconnaissance tardive interroge la manière dont l’histoire est écrite et transmise. Au-delà des symboles, l’enjeu reste d’intégrer pleinement ces récits dans l’éducation et la mémoire collective.



Commentaires


bottom of page